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Réseau · Projet européen Erasmus+

YAMI - Young Adults, Mental health and Inclusion

Un projet européen réunissant cinq pays autour de la santé mentale et de l'inclusion des jeunes adultes. L'IPEC en est le coordinateur pour la France.

Du 31 octobre au 5 novembre 2022, à Bergame (Italie), des participants de cinq pays européens - Belgique, France, Grèce, Italie et Espagne - ont partagé leurs expériences dans différentes langues, avec le sentiment d'appartenir à une culture commune valorisant le respect des différences. Les 28 membres du groupe ont fait l'expérience de la richesse d'être à la fois divers et inclusifs, de trouver des valeurs communes et de partager des pratiques innovantes reproductibles ailleurs.

Parler de « santé mentale », ce n'est pas seulement parler de troubles ou de services psychiatriques : c'est parler de la vie des jeunes adultes dans nos communautés, confrontés à un monde difficile - plus encore après les périodes d'isolement liées à la pandémie. À l'issue de ce séminaire résidentiel, les participants ont co-construit un manifeste en dix points pour améliorer la santé mentale des jeunes en Europe.

Le manifeste

Dix points pour la santé mentale des jeunes adultes

1

Encourager le bien-être et la qualité de vie

Agir sur les dimensions sociales, culturelles, éducatives, économiques et sanitaires de la vie des jeunes adultes. Créer des contextes pluralistes et inclusifs, encourager la citoyenneté active, combattre la stigmatisation et les discriminations, et promouvoir des espaces autogérés soutenus par des fonds publics.

2

Mettre l'accent sur la prévention

Améliorer la connaissance de la santé mentale pour favoriser une intervention précoce. Prévoir des espaces et des activités de prévention, repérer les facteurs de risque (dont l'abus de drogues et d'alcool), mener des campagnes de sensibilisation et miser sur les ressources et la résilience - en lien avec les écoles et les associations.

3

Favoriser l'intervention précoce

Viser non seulement la psychose, mais aussi l'anxiété et les troubles de l'humeur. Assurer la présence de professionnels (psychologues, counselors) dans les écoles et les universités, et développer les services ambulatoires pour éviter au maximum l'hospitalisation.

4

Des « maisons ouvertes » dans la communauté

Créer des lieux d'accueil de proximité (sur le modèle des maisons Soteria ou des Balance Homes), accessibles sans prescription, fondés sur le rétablissement, animés par un personnel principalement non médical, ouverts aux activités culturelles et récréatives et attentifs aux dimensions interculturelles.

5

Un large éventail de possibilités thérapeutiques

Offrir une palette de soins (hôpitaux, communautés thérapeutiques, hôpitaux de jour, équipes mobiles…), en privilégiant les soins non résidentiels, proches du lieu de vie et associant le réseau social. Renforcer le travail d'équipe interdisciplinaire et l'accompagnement post-rétablissement (scolarité, orientation, emploi).

6

Un traitement fondé sur différentes modalités

Associer modalités verbales et non verbales ; la médication, si nécessaire, reste indissociable d'une compréhension psychologique. Se centrer sur la résilience et les forces de la personne, considérer les familles comme partenaires (thérapie familiale, groupes multifamiliaux), et valoriser la thérapie de groupe, la psychothérapie brève et des approches comme l'« Open Dialogue ».

7

Il n'y a pas de soin sans « amour »

L'affectivité est au cœur du soin : créer un lien positif, stable, chaleureux et respectueux, même avec les patients les plus difficiles. Il n'y a pas de changement sans sentiments positifs - d'où l'importance, pour le thérapeute, de comprendre et de travailler ses propres réactions émotionnelles.

8

Prendre soin des professionnels eux-mêmes

Garantir aux soignants des salaires suffisants, une formation adéquate et continue, une supervision et une intervision de groupe (et une supervision individuelle si besoin). Les conférences et échanges internationaux préviennent l'isolement, la démotivation et le burn-out.

9

Assurer des financements adéquats

Doter les services de financements suffisants afin de garantir la continuité et la variété des soins.

10

Soutenir la recherche empirique

Encourager, sous la direction de chercheurs expérimentés, des projets de recherche validant les approches de prévention et de traitement des problèmes psychologiques des jeunes adultes.

Un réseau de cinq pays

Le projet YAMI (Erasmus+ 2019-3-IT03-KA105-017215) réunit des institutions de Belgique, de France, de Grèce, d'Italie et d'Espagne. Pour la France, il est coordonné par Thomas Schwab (IPEC), aux côtés d'ODIS-C et de Réseau et Famille.

Projet cofinancé par l'Union européenne.